En tant que mouvements sociaux diversifiés et membres du Réseau-DESC représentant des dizaines d’organisations populaires à travers le monde, nous affirmons notre profonde solidarité avec les peuples du Venezuela, de Palestine, de Cuba, du Soudan, du Kurdistan, d’Iran et tous les peuples qui luttent pour leur libération, leur souveraineté et leur autodétermination.
Le droit à l’autodétermination est un droit fondamental et constitue la pierre angulaire de nos luttes. Ce droit est un impératif juridique et moral ancré dans l’article 1 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que dans la Charte des Nations unies, la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et la Convention 169 de l’OIT. Pourtant, les peuples sont empêchés d’exercer leur droit à l’autodétermination et nous constatons que notre droit à l’avenir est de plus en plus menacé par la violence impérialiste.
Nous dénonçons sans équivoque l’impérialisme américain qui s’exprime par l’ingérence électorale, les interventions militaires directes et les sanctions économiques. Nous rejetons le militarisme américain qui continue d’infliger et d’utiliser la violence comme principal moyen de maintenir le contrôle colonial sur la majorité mondiale. Nous reconnaissons que cette violence n’est pas abstraite. Elle est vécue quotidiennement par les femmes et les filles dans toute leur diversité, les peuples opprimés en raison de leur genre, les personnes queer et trans, les personnes noires et d’ascendance africaine, les peuples autochtones, les communautés paysannes et ouvrières, et d’autres peuples marginalisés.
Les récentes actions illégales menées par les États-Unis au Venezuela constituent non seulement des violations du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien, mais aussi une réaction violente à un ordre mondial impérial en mutation qui menace l’hégémonie américaine. À cet égard, nous appelons le gouvernement américain à respecter les principes de justice et de droit international, à revenir immédiatement à un ordre international fondé sur des règles et exigeons la libération de Nicolas Maduro et Cilia Flores.
Nous appelons à la fin des systèmes de pouvoir coloniaux et capitalistes qui perpétuent la violence et qui placent le pouvoir des entreprises au-dessus du pouvoir des peuples. L’emprise des entreprises et leur impunité doivent cesser. Les entreprises, en particulier les multinationales des pays du Nord, sont responsables des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés et elles doivent être tenues responsables de leurs actes. Les entreprises ont pris le contrôle des gouvernements, des médias et des institutions multilatérales et démocratiques, œuvrant au service des intérêts des entreprises avides de profits au détriment des peuples et de la planète. L’économie extractive et sa dépendance aux combustibles fossiles n’ont apporté que mort et destruction à nos terres et à nos corps. Tout cela alors que l’avenir du système multilatéral reste incertain. Le système multilatéral reste fondamental pour garantir les droits durement acquis. Le retrait des États-Unis des principaux accords et traités internationaux crée un dangereux précédent pour d’autres régimes de droite, autoritaires et fascistes.
Nous sommes la majorité mondiale et notre force réside dans notre solidarité. Nous reconnaissons que les défis auxquels nous sommes confrontés ne feront que s’amplifier, mais il en sera de même pour les luttes populaires qui défendront les droits de nos peuples et de nos mouvements. En cette période de menaces extrêmes, nos voix restent unies dans un esprit de libération et de souveraineté des peuples. En tant que réseau mondial, le Réseau-DESC s’efforce de relier les diverses luttes menées dans toutes les régions, en renforçant notre pouvoir collectif afin d’apporter les changements systémiques nécessaires pour façonner ensemble un nouvel avenir fondé sur les droits humains, le respect de la Terre Mère et la dignité. Nous sommes engagés dans la solidarité internationale, car nous considérons que les luttes des différents mouvements sont interconnectées et intersectionnelles. Nous comprenons que nous sommes tous confrontés à un ensemble de conditions communes qui compromettent la réalisation des droits humains, comme l’énonce la charte commune du Réseau-DESC pour la lutte collective. Les causes profondes de notre oppression sont les mêmes et nous ne pouvons donc les surmonter qu’à travers une lutte unifiée.
Continuons à nous organiser, à faire entendre notre voix dans nos communautés et à relier nos réflexions au niveau mondial. Ce monde n’appartient pas au capitalisme, il appartient à tous les êtres humains qui l’habitent. Face aux nouvelles menaces d’appropriation de nos biens communs naturels par les entreprises technologiques, cette lutte ne concerne pas seulement le présent, mais aussi l’avenir de ceux qui viendront après nous. Participons à la construction d’un monde plus juste et au « buen vivir » des peuples du monde.
Les peuples du monde organisés au sein du Réseau-DESC.


