Partager
Jeudi, Mai 28, 2020
Partager

Nature de l'affaire

Le Comité d'appel a confirmé la décision du comité d'examen des plaintes concernant la table ronde sur l'huile de palme durable (RSPO) datée du 13 février 2018, concluant que Golden Veroleum Liberia (GVL) avait violé de nombreux critères et principes de la RSPO dans le processus d'acquisition, de culture et de mise en valeur de terres pour la production d'huile de palme au Libéria. L'ordonnance du comité des plaintes du 13 février 2018 avait conclu que GVL avait violé le droit des groupes locaux à un consentement libre, préalable et éclairé (CLIP), avait fait usage de la coercition, n'avait pas suffisamment protégé le droit des groupes locaux de participer à la cartographie locale, n’avait pas converti les mémorandums d'accord provisoires en mémorandums d'accord définitifs et a continué d’aménager des terres contestées. La décision du 13 février 2018 avait également conclu que GVL n'avait pas mis à jour sa procédure opérationnelle normalisée concernant le CLIP et n'avait pas mis à jour ou amélioré la gestion ou l'administration du Fonds de développement de la rémunération.

La plainte initiale a été déposée en octobre 2012 par Green Advocates au nom des peuples autochtones Butaw Kru, affirmant que GVL: a) avait commencé la préparation des terres et d'autres aménagements sans fournir d'avis public conforme aux nouvelles procédures de plantation de la RSPO; b) avait défriché des terres sans le consentement libre, préalable et éclairé des propriétaires fonciers coutumiers par l'intermédiaire des organisations représentatives de leur choix; et c) n'avait pas procédé à des évaluations completes, participatives et indépendantes de l'impact social et environnemental de la zone concernée et incorporé les résultats dans les plans d'action pertinents, notamment en identifiant (i) toutes les forêts primaires; (ii) toute zone requise pour maintenir ou améliorer une ou plusieurs valeurs élevées de conservation (HVC); et (iii) les terres des peuples locaux.

Application de la décision et résultats

Le 20 juillet 2018, GLV a annoncé son retrait de de la RSPO, mais la société mère de GVL, Golden Agri Resources (GAR), est restée membre. Le 13 août 2018, trois organisations non gouvernementales ont déposé une plainte concernant la Golden Agri Resources (GAR) Company, située en Indonésie, et sa filiale GVL, opérant au Libéria, demandant que Golden Agri Resources (GAR) ne soit pas autorisée à se soustraire à la responsabilité des abus de ses filiales par la suspension de son adhésion à la RSPO. Ils ont exigé que: a) la RSPO impose immédiatement des sanctions à GAR pour le comportement de sa filiale; b) que tous les certificats certifiés d'huile de palme durable des opérations GAR soient suspendus; et c) que GAR soit prié de suspendre son adhésion au conseil d'administration de la RSPO. En outre, ils ont demandé que GAR, en tant que propriétaire majoritaire de GVL, soit également tenu d’insister pour que GVL se conforme à l’arrêté du Comité des plaintes et répare les violations identifiées par le Groupe des plaintes. La plainte a été déposée au nom de toutes les personnes affectées par les opérations de GAR et de GVL. La plainte n'a pas été retenue par le Comité des plaintes et a été classée. Cependant, dans une décision distincte, le Conseil a déclaré qu'il n'y avait aucune disposition dans les statuts pour que les membres puissent s'auto-suspendre, et puisque GVL ne s'était pas retirée de la RSPO, elle était toujours un membre soumis à la juridiction de la RSPO et devait donc suivre les instructions du Comité des plaintes.

Importance de l'affaire

L'affaire est importante car elle montre comment le droit communautaire stratégique associé à la résilience et à la résistance des communautés locales et des peuples autochtones, des recherches factuelles, une coalition d'organisations non gouvernementales locales et internationales et une campagne médiatique solide peuvent tenir un organisme de certification responsable de l'obtention résultats écologiques et des droits humains. Cette décision est importante car elle représente le pouvoir de la certification et comment elle peut contribuer à la protection des écosystèmes forestiers et à la sécurisation des droits fonciers des peuples autochtones. Elle représente une étape importante dans la protection des droits des communautés locales, la conservation des forêts tropicales viergeset la sécurisation de la nomination, sans precedent, d'un vérificateur externe après une campagne vigoureuse pour empêcher le blanchiment des plaintes des communautés locales et des peuples autochtones par le Comité des plaintes de la RSPO.

Pour leurs contributions au résumé, merci tout particulièrement aux membres du Réseau-DESC:Green Advocates et le Program on Human Rights and the Global Economy (PHRGE) at Northeastern University.

Mise à jour 2 juin 2020

Groupes impliqués dans l'affaire