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Mercredi, Septembre 20, 2023
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Nature de l'affaire

Quatre partis politiques – le Parti des travailleurs (PT), le Parti socialisme et liberté (PSOL), le Parti socialiste brésilien (PSB) et le Réseau pour la durabilité (Rede) – ont poursuivi le gouvernement brésilien pour violation de ses obligations constitutionnelles et internationales en matière de protection de l’environnement. Les plaignants ont spécifiquement allégué que l’administration de Jair Bolsonaro avait omis d’allouer et de décaisser les fonds du Fonds pour le climat en 2019.

Application de la décision et résultats

La Cour a ordonné à l’administration fédérale de ne plus négliger le Fonds pour le climat et a déterminé que les ressources du Fonds pour le climat ne peuvent être retenues.

Importance de l'affaire

L’affaire ADFP 708 a été la première fois que le plus haut tribunal du Brésil s’est penché sur la question du changement climatique. Sous l’administration Bolsonaro, le Brésil a régressé dans ses responsabilités et devoirs en matière de protection de l’environnement. Par exemple, en 2019 et 2020, le brûlage illégal et la déforestation rapide ont dévasté l’Amazonie brésilienne. Le Brésil étant l’un des sept plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde, cette affaire est monumentale pour le pays et, plus largement, pour la protection de l’environnement.

En outre, le Tribunal fédéral suprême brésilien a inscrit à son rôle diverses affaires de protection de l’environnement. Ainsi, la nouvelle interprétation de l’Accord de Paris et la réaffirmation des garanties constitutionnelles sur le droit à la protection de l’environnement devraient se traduire par des résultats plus positifs dans les affaires liées au climat, créant un précédent positif pour les efforts de protection de l’environnement du pays.

Enfin, comme le suggère Maria Antonia Tigre, la reconnaissance par la Cour de l’Accord de Paris en tant que traité sur les droits humains est sans précédent et respecte les souhaits des organisations de la société civile lors des négociations du traité de 2016. Comme elle l’écrit, « les organisations de défense des droits humains n’étaient pas satisfaites du texte final de l’Accord de Paris, qui reléguait la mention explicite des droits humains au préambule… ainsi, le fait qu’une Cour constitutionnelle qualifie l’Accord de Paris de traité sur les droits humains pourrait stimuler un mouvement mondial pour que les tribunaux suivent cette reconnaissance. »