Importance de l'affaire
Cette décision marque la première fois qu’un organe de suivi des traités des Nations Unies examine une situation où une personne au statut migratoire irrégulier se fait refuser l’accès aux soins de santé nécessaires à la protection de la vie. Le Comité a également affirmé que les États doivent prendre des mesures positives pour protéger le droit à la vie. La décision a fait ressortir l’interdépendance de tous les droits humains, en particulier la relation entre les soins de santé et le droit à la vie. La décision sert donc de fondement au plaidoyer en faveur de l’accès aux soins de santé dans tous les pays qui ont ratifié le PIDCP, ou qui, sinon, reconnaissent le droit à la vie et à la non-discrimination. La décision permet aussi de faire valoir que les États ont des obligations positives dans d’autres domaines liés aux droits ESC, tels que l’accès au logement, à l’alimentation, à l’eau et à l’assainissement, afin de contester la privation d’accès aux éléments essentiels à la protection de la vie.
De plus, la prise en compte par le Comité des avis juridiques d’Amnistie internationale et d’une coalition d’organisations coordonnée par le Réseau DESC est un précédent utile dans la nouvelle pratique des organes de suivi des traités des Nations Unies voulant que les Comités puissent bénéficier de l’expertise et des arguments de diverses sources. Elle démontre également le pouvoir du travail collectif des organisations de la société civile.
Finalement, cette décision peut aussi être utile pour l’application de la nouvelle Observation générale du Comité, adoptée en octobre 2018. L’Observation générale 36 réaffirme aussi avec force l’indivisibilité et l’interdépendance des droits et vient renforcer la capacité de combattre les violations structurelles du droit à la vie découlant de violations des droits économiques, sociaux et culturels. Pour en savoir plus sur l’observation générale et sur les contributions des membres à la conception de son contenu, veuillez cliquer ici.
Pour leurs contributions, un remerciement particulier aux membres du Réseau DESC : le Programme sur les droits humains et l’économie mondiale (PHRGE) de la Northeastern University et le Social Rights Advocacy Centre (SRAC).
Dernière mise à jour : 12 décembre 2019