Application de la décision et résultats
Dans sa décision Auto 173 de 2014(link is external), la Cour a fait le suivi des mesures prescrites dans le cadre de sa décision Auto 006 concernant les personnes en situation de handicap dans le contexte du conflit armé et des déplacements forcés. S’agissant des populations critiques parmi les personnes déplacées en situation de handicap, la Cour a constaté que les enfants en situation de handicap continuent d’être exclus de manière importante et que le croisement des identités liées à l’âge et au handicap continue de produire des situations préoccupantes, étant donné que les personnes âgées ne reçoivent parfois aucune aide de l’État.
La Cour a constaté certains progrès en matière de collecte d’informations sur les personnes déplacées en situation de handicap. Par exemple, un critère relatif au handicap a été intégré au sondage de 2011 sur les personnes déplacées, ainsi qu’à d’autres formulaires administratifs relatifs à la population déplacée. Le regroupement de données provenant de divers organismes a également permis d’obtenir des chiffres plus réalistes et plus précis sur les personnes en situation de handicap au sein de la population déplacée. Néanmoins, la Cour a estimé que cela restait insuffisant. Le nombre de personnes en situation de handicap continue d’être sous-estimé, ce qui donne l’impression erronée que peu de personnes déplacées souffrent d’un handicap et limite par conséquent la capacité de l’État à examiner la situation d’un point de vue intersectionnel et à améliorer les conditions de manière globale.
Concernant les cinq programmes pilotes sur la prévention, la Cour a constaté que, bien qu’ils aient été mis en œuvre, l’État n’a pas appliqué les mesures prescrites par la Cour portant sur les exigences minimales. Surtout, l’État n’a pas intégré ou impliqué les membres de la communauté déplacée souffrant d’un handicap. En outre, les objectifs et les étapes n’étaient pas clairement définis et les informations recueillies n’étaient pas correctement organisées.
Quant à la création du nouveau programme, il a débuté avec un an et demi de retard, en 2011, ce qui constitue, selon la Cour, un « retard injustifié ». L’avancement du programme a été entravé par le manque de collecte d’informations spécifiques. Par exemple, l’État ignorait toujours le pourcentage adéquat de logements mis à disposition par l’État pour les personnes en situation de handicap dans leurs nouveaux sites d’accueil. Dans la pratique, ce manque d’informations empêchait de surmonter les obstacles auxquels les personnes en situation de handicap sont confrontées lors des déplacements. Ainsi, la Cour a estimé qu’aucun progrès réel n’avait été réalisé en termes de prévention et que l’État avait violé l’une des exigences en n’impliquant aucun membre de la communauté dans la conception du programme.